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N’ être ou renaître

L’ être ou le paraître
n’ est plus ma question,
l’ habit faisant le prêtre
n’ est que désillusion.

Paraître est-ce ne pas être ?
à mon oui trop de non,
paraîtrait que les êtres
affichent ce qu’ ils sont,
qu’ être sans étiquette
c’ est comme être sans nom.

Etre soi est une quête
qui frôle l’ abnégation,
pour faire la place nette
il faut des soustractions,
un beau jour se démettre
de nos propres visions
qui nous empêchent d’ être,
au fond, sans division.

Refaire notre conquête,
sans nulle autre attention
qu’ être et transparaître
nos propres attributions.

N’ être ou renaître ?
telle est ma question.


Madame aime Messieurs

Ces messieurs font comme ça,
chantait du pont un papa,
et ces dames font comme ça,
c’ est dépassé tout ça.

Jolis messieurs à braguette,
ne nous prenez pas la tête
lors de nos tête-à-tête :
c’ est que nos jupettes
n’ empêchent les galipettes !

Nous aussi on aime ça
la fiesta sous des draps.
Pas de quoi pointer le doigt,
c’ est bon, c’ est tout, voilà pourquoi.

Non, on est pas toutes des anges,
et ça, ça vous dérange,
on se ressemble, voyez-vous,
ça vous met un sacré coup ...

Pareils, sauf nos appareils,
gentil démon en sommeil.
Nos corps, nos coeurs, kif kif.
Nos torts sont-ils vos peurs à l’ accusatif ?

Nos valeurs sont égales,
alors aimons-nous moins mal,
qu’ être nos égaux vous soit égal,
vous n’ en serez pas moins mâles.

Et d’ un commun accord,
ébattons nous corps à corps,
l’ un contre l’ autre, c’ est mieux,
l’ un avec l’ autre, encore mieux.

Sans degré

Sans canne à pêche
comment te repêcher,
n’ empêche que j’ essaierai,
pour deux d’ avoir la pêche.

toi si jolie dans l’ eau,
flottant sans y sombrer,
gaie au degré zéro,
nageant même blessée.

je te vois t’ enliser,
ivre morte de boue,
moi qui ne sais affronter
tes liqueurs d égout

Laisse moi juste te dire,
être là, cent fois, sans loi,
juste avec toi maudire
tes démons d’ autrefois.

Et bientôt sourire
de ce qui ne fût toi,
juste un souvenir
à oublier je crois.

Conte défait

Parti sans ma main,
c’ est parti d’ un rien,
d’ une partie bâclée,
au face à face froissé.

Trop de dentelle ou pas assez,
ton tendre casse me laisse cassée,
dévalisée, d’ avoir donné,
laissée pour compte mal tenu,
pour toi, je ne compte plus.

C’ est le décompte à rebours
d’ un conte défait, sans amour.

Raconte moi l’ acte deux,
recompte moi jusqu’ à deux.
Une autre fois seulement,
il serait une fois autrement.



Contre toi

Contre la peur
il y a des boucliers,
contre la douleur
des liquides alcoolisés,

contre l’ ennui
les autres à aider,
contre l’ insomnie,
des cachets à avaler,

contre la guerre
des poings à lever,
contre la misère
des lotos à jouer,

contre l’ absence
des photos à regarder,
contre l’ errance
des chemins balisés,

contre la haine
de l’ amour à donner,
contre la peine
des larmes à verser,

contre toi
l’ espoir d’ être aimé,
contre moi
la vie à supporter
contre ça,
ton retour à rêver.



Mot doux

A tous,
vous
de partout,
qui un jour
sans détour,
firent un tour
dans mes jours
sans atours,
furent mon tout,
mon atout,
merci pour tout
et surtout
tout l’ amour.


De temps en temps

une minute, 60,
tic puis tac, battantes,
les aiguilles tournent.

une heure, 24,
mon coeur à battre
ne se détourne.

Une nuit qui tombe,
sur toi fait de l’ ombre,
l’ oubli est mon ami.

Un jour naissant,
toujours avec ton sans
et encore je souris.

Un mois de trente, puis 31,
ma vie, les miens,
oui elle est belle.

Et le printemps déjà,
échoué là sans toi,
des joies, nulle étincelle.

2002, puis trois,
nous deux, vous trois,
question de retard.

Le bonheur est dans l’ instant.
Maintenant, c’ est quand ?

Bientôt, tôt ou tard.

Courant d ‘air

Ta question n’ est pas la mienne
quand tu t’ inquiètes d’ où ça mène.
Tu veux savoir l’ issue du chemin
que tu empruntes, prenant ma main ?

S’ il n’ y a de réponse à tout,
il est des émotions à vivre surtout,
à quoi bon avoir un coeur
s’ il ne sert qu’ à avoir peur ?

Et si ta raison déraisonne,
ce n’ est la faute de personne,
pas même de moi chez qui tu sonnes.
Ton arc de Cupidon m’ assomme.

Tu avais le choix
d’ aller ici ou là
et tu vins chez moi
pour mieux rentrer chez toi

Il faut réfléchir avant,
fermer les portes, t’ isoler.
mais tu t’ engouffres dans mon vent,
en courant d’ air glacé,

j’ étouffe, tu manques pas d’ air,
quand parti avec la clé,
tu laissas grand ouvert
mais les volets baissés.

Ca claque dans mon désert
dans mon chateau hanté,
toi fantôme, fille de l’ air,
à moi chaînes et boulets.

Des gros mots

J’ veux dire des gros mots,
même pas des rigolos,
j’ l’ ai dit à mes oiseaux,
faut pas, c’ est pas beau.

Dire des trucs pas jolis,
y’ en a marre de dire oui,
ça me fait crier d’ être polie,
alors je râle, c’ est permis ?

A tous les conseilleurs
qui pigent rien
aux autres chemins,
croient proclamer le bien
à travers Dieu, ses saints,
et qui par leurs bulletins
élisent des assassins.

A tous ces conspirants,
commerçants de bazar,
qui spéculent en dollars
et foutent en l’ air l’ art.

A tous les consciencieux
qui planquent la solution
sous leurs chics pantalons,
escrocs des grandes nations.

A tous les conquérants
des enfants aux enchères
car juste bout de chair
petits, faciles, pas chers.

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Rien à dire

Je ne sais plus que dire
quand tu ne pipes pas mot,
me terre en toi sans mot dire 
et maudits soient ces maux.

Que faire de ces mots
quand la bouche sur celle qui,
mienne, se tait aussi
pour mieux faire duo.

Ne pas rompre le silence
qui se fait trait d’union
pour amener la danse
au point de suspension.

Viens dans mes guillemets
poser ton exclamation
sans alinéa j’y consentirai
par autant d’affirmations.

Employons nous au présent
d’un accord plus que parfait
qui ne vaut que dans l’instant,
maintenant, plus au passé.

J’ouvre une parenthèse
t’offrant une marge d’erreur,
je n’ai plus peur du 13,
même plus du bonheur.

Ton penchant majuscule
vers mon intime minuscule
est mon titre de noblesse,
ton accent sur caresse.

S’il n’y a qu’un quatrain
tu seras page à tourner,
si tu reviens demain,
un mot dans mon essai.

Alors j’en crierai une histoire
Où nous pourrons dormir debout,
Bien impossible à croire,
Pour ceux qui sont pas nous.